Prise de position

25 décembre 2006 : Communiqué de presse n° 2

Depuis la rupture des négociations entre le Chef de l'Etat et les Chefs des Iles dimanche 17/12/2006, le pays est entré dans une période de turbulences.
Mohamed Bacar déploie son armée à Ndzuwani, invente un débarquement armé contre Ndzuwani et multiplie les provocations envers le Chef de l'Etat et l'Armée Nationale de Développement.
En visite à Ndzuwani, le Président de l'Union et sa garde se retrouvent nez à nez avec une armée agressive qui cache mal son hostilité.
La réconciliation nationale bat de l'aile. Force est de reconnaître qu'en réalité, la réconciliation nationale a été une suite de concessions voire de compromissions envers Mohamed Bacar, depuis l'appellation de la direction des îles (Président ou Gouverneur) au moment de la rédaction de la Constitution de l'Union jusqu'à ces derniers mois. La crise actuelle vient du fait que depuis le baccalauréat, Mohamed Bacar se trouve confronté à la fermeté du nouveau Président de l'Union. L'agitation de ces derniers jours à Ndzuwani traduit l'incapacité de Mohamed Bacar à avaliser sa vision des forces de sécurité intérieure (FSI).
On peut comprendre qu'il soit difficile voire peut être impossible pour Mohamed Bacar d'assister passivement à la réduction du pouvoir qu'il s'est octroyé au moment fort du séparatisme. Pour lui préserver son armée sous couvert de FSI est un combat ultime.
Le problème est que Mohamed Bacar parvienne à se rallier l'unioniste convaincu qu'est El Bak. Mohamed Bacar n'est pas un allié avec lequel on peut avoir des divergences, c'est l'obstacle principal à la réconciliation nationale. Les frustrations compréhensibles subies par la direction de Ngazidja ne devraient pas aveugler et faire perdre le Nord. Pour nombre d'observateurs avertis, les difficultés de la direction actuelle de Ngazidja sont fondamentalement les conséquences de cette alliance contre nature qui passait mal sous Azali et qui est absurde sous Sambi.
Il importe de rectifier le tir pour éviter au pays des lendemains calamiteux. Sambi et El Bak doivent s'élever à la hauteur de leurs responsabilités nationales et s'unir pour préserver et consolider la réconciliation nationale. Tel est le véritable enjeu. Il ne faut donc pas s'enliser dans le "conflit de compétences", il faut plutôt miser sur le "partage des responsabilités" et travailler à améliorer le sort de la population de chacune de nos îles.
J'appelle donc solennellement les présidents Sambi et El-Bak à renouer leurs dialogues, à éviter les confrontations inutiles et nuisibles, à relancer les discussions entre l'Etat et les Iles Autonomes dans une optique qui renforce la réconciliation nationale, neutralise les fauteurs de troubles et permet au pays de trouver de l'apaisement afin de pouvoir enfin retrousser les manches et travailler au développement.
Tels sont les vœux de bonne et heureuse année 2007 que je formule au pays et à l'Ile de Ngazidja

21 septembre 2006 : Communiqué de presse n° 1

Dans une dépêche de l'agence de presse comorienne HZK-Presse datée du 20/09/06, on apprend que l'exécutif de Ngazidja s'apprête à organiser en décembre prochain des élections municipales. Une coordination de "communes pilotes" serait déjà mise en place, l'administration territoriale de Ngazidja aurait même déjà évalué le coût des élections à 150 millions, etc.

A quel impératif répond ce coup d'accélérateur de la mise en place des communes? Est-il raisonnable d'organiser des municipales à trois mois des présidentielles de l'Ile ?

La question des communes à Ngazidja est essentielle au regard du rôle éminent qu'elles jouent dans l'édification de l'Ile, palliant pour une grande part aux lacunes d'un Etat défaillant en matière d'infrastructures de base notamment.

Or force est de constater que jusqu'ici le débat touchant à l'organisation et au fonctionnement des communes fut cantonné à un cercle de spécialistes, les expériences pilotes sont restées très discrètes. La gestion de nos villes et villages n'a pas connu d'évolution sensible restant dans les mains des communautés organisées spontanément.

Il faut donc espérer et agir pour que cette question des communes soit au centre du débat électoral. La direction de l'Ile, issue des présidentielles de 2007, sera plus indiquée pour édifier les communes suivant sa vision, validée par les élections et elle disposera d'un autre atout : son mandat de cinq ans. Le bon sens commande donc de renoncer à ces élections municipales de 2006.

S'agissant des communes, deux conceptions diamétralement opposées semblent prendre corps. Celle que semble porter l'exécutif de Ngazidja et qui consiste à s'appuyer sur les modèles occidentaux. Puis une autre qui voudrait que l'on s'appuie sur l'expérience des villes et villages de l'Ile en matière d'organisation et de gestion, expérience si riche, base possible de l'émergence d'un nouveau modèle d'organisation d'une administration de base qui viendrait enrichir le patrimoine mondial.

Le débat citoyen devrait s'épanouir et permettre à tous ceux qui le souhaitent de s'exprimer sur cette question centrale.